Non respect des droits de l’homme au Congo

Dans le cadre de la célébration de la journée internationale des droits de l’homme, l’Observatoire Congolais des Droits de l’homme, OCDH en sigle, a organisé une conférence de presse le 10 décembre 2021 dans la salle de conférences de l’Auberge de l’Armée du Salut. Celle-ci a été animée par le directeur exécutif de l’OCDH, Georges Nguila.

Au cours de ce face à face avec la presse écrite et audio-visuelle, le Directeur exécutif de l’OCDH, Georges Nguila, a de prime abord fait un bref aperçu de la déclaration universelle des droits de l’homme qui fut adoptée en 1948 par l’Assemblée Générale des Nations Unies. IL a poursuivi en disant que c’est après  son indépendance que  la République du Congo adhère à l’ONU  le 20 septembre 1960. De ce fait, le Congo est tenu au respect des droits de l’homme sur son territoire. Le conférencier a renchéri que la République du Congo a inséré la déclaration universelle des droits de l’homme comme principe de gestion publique dans ses différentes constitutions

Selon l’exposant, cette déclaration universelle des droits de l’homme comporte trente articles portant sur les droits civils et politiques ; les droits économiques et socio-culturels. En se basant sur tous ces droits, l’orateur a dit que dans la pratique en République du Congo rien n’est respecté, en témoigne la peine de mort qui est certes abolie par la constitution congolaise mais qui continue à être appliquée par les policiers, a dit le conférencier, qui continuent de donner la mort tout le temps aux citoyens.  « Les arrestations se font de façon arbitraire et sans respect de la durée de garde à vue et de la détention préventive au mépris des dispositions du code de procédure pénale et de la loi protégeant l’enfance limitant celle-ci à 24 heures pour les mineurs, 48 heures pour les majeurs avec possibilité de reconversion sur instruction du procureur et 4 mois à la maison d’arrêt avec possibilité de prolongation décidée par le magistrat », a-t-il affirmé.

En comparant les dispositions de l’article 3 de la DUDH et de l’article 8 de la constitution, le Directeur Exécutif de l’OCDH a souligné que ces deux articles mettent l’homme au centre et montrent qu’il est sacré et doit être protégé et il y ressort aussi de ces articles l’abolition de la peine de mort.

Le conférencier n’a pas caché pas son mécontentement  à l’endroit de l’Etat congolais qui ne fait pas respecter les droits de l’homme : « La réalité est contraire aux prétentions de l’Etat congolais, puisque dans les commissariats et les brigades de gendarmerie, il arrive souvent des cas de torture et tout ceci montre que l’Etat congolais  a souvent failli au respect  de ses obligations et la vie est mise en danger dans les  parcs et aires forestières dites protégées ou le conflit  homme faune prive aussi la jouissance des droits économiques et sociaux » a indiqué l’orateur.

 En s’appuyant sur les droits économiques et sociaux  qui selon lui  ne sont pas respectés au même titre que les autres droits cités plus hauts,  Georges Nguila a terminé son mot introductif en disant que : « la triste réalité congolaise est celle du non-respect  de la déclaration universelle des droits de l’homme en général  au point où on se demande si  l’Etat a le droit d’en parler ».

Puis l’auditoire a eu à visionner des photos et des vidéos montrant des cas d’atteinte aux droits humains comme dans la localité de Cabosse dans la Sangha ; l’image de l’un des six jeunes décédés au commissariat central et une courte vidéo d’un jeune mort et allongé sur une civière utilisée pour le transporter dans son casier à la morgue.

Après cette projection, il s’en est suivi un échange avec la presse. Les préoccupations des journalistes ont tourné autour des questions relatives à l’assassinat de six jeunes survenus au commissariat de Brazzaville ; à la situation de la localité de Cabosse dans la Sangha ayant conduit à la mort de six personnes et au conflit récurent entre les éléphants et les populations dans la localité de Mbomo dans la Cuvette Ouest.  En répondant à toutes ces questions le directeur exécutif de l’OCDH a dit aux journalistes que   toutes ces atteintes aux droits de l’homme attestent que le travail de l’Etat doit être amélioré. IL a par ailleurs révélé que l’OCDH proposera des pistes de solutions sur les atteintes sur les droits de l’homme au Congo dans son prochain rapport annuel qui sera publié bientôt.

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Germain Ayina

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